Et après?

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17/12/2012 par monwonderblog

On a beau devenir WonderMaman, avoir plein de supers pouvoirs, il y a un moment au tout début de ce nouveau statut où on a besoin d’aide et où on aurait bien besoin de savoir, pour de vrai, ce qu’il va nous arriver.

Pendant la grossesse, j’ai dévoré tout ce qui pouvait parler de ce sujet, de l’accouchement, de l’arrivée d’un bébé dans un couple. Tout y est passé: des lectures peu recommandables des forums de Doctissimo, en passant par les livres sacrés de Laurence Pernoud et enfin des blogs bien plus intéressants comme celui de Marie des Mamanstestent. Je bénis cette dernière sans qui je me serais moins doutée que l’accouchement et ce qui s’en suit ne seraient pas uniquement un monde rose bonbon où tout n’est que guimauve.

Les copines? … Tu connais sans aucun doute le sketch de Florence Foresti à ce sujet (je suis sympa, je te mets le lien, soit pour te rafraîchir la mémoire, soit pour te payer un moment de rigolade). Visiblement, elle n’exagère que pas beaucoup. J’avais des copines qui étaient passé par là. Ben pas un mot sur comment c’est après. Les filles, on est solidaire, alors pourquoi ne pas en parler? Déjà, je suis certaine que ça nous libèrerait d’un poids et en plus, ça aiderait celles qui vont passer par là. Juste nous dire de profiter du sommeil car on va connaître des nuits agitées, cela ne me semble pas suffisant et bien loin de tout le chamboulement à vivre!

Par contre, je ne crois pas non plus qu’il soit nécessaire de dramatiser pour autant, mais dire que les premiers temps (pas juste les premiers jours hein!), c’est pas du gâteau. Il n’y a pas que les douleurs physiques post-partum, il y aussi celles psychologiques, sans doute plus « vicieuses » et moins faciles à gérer.

Sans rentrer dans les détails, moi je vais te dire ce qu’il se passe après. Ca ne veut pas dire que c’est ce qui se passe pour toutes les femmes. On est toutes différentes et chaque accouchement est unique. Je souhaite juste ici partager mon expérience au cas où cela puisse servir. Si tu ne veux pas savoir et garder le mystère (respect à toi), c’est le moment d’arrêter la lecture!

Niveau physique tout d’abord. En préambule, il faut préciser que j’ai été super chanceuse car j’ai eu un accouchement court (environ 6 heures pour un premier, c’est plutôt cool!), naturel (enfin j’ai demandé la péri, même si je me croyais capable de faire sans, mais on en reparlera), pas d’épisio, juste deux petits points de rien du tout, mais tout de même un bel oedème (j’avais donc un chou-fleur entre les jambes, hum glamour…). Donc, je le sais, je suis une grosse veinarde. Il n’empêche que j’ai eu bien mal après (j’ose tout juste imaginer la douleur de celles qui ont un déchirement total ou celles qui ont une césarienne). Je n’ai pas eu besoin de la bouée pour aller aux toilettes mais faire pipi était difficile, ça brulait bien comme il faut. Quant au reste, je te rassure, c’est impossible, de toute façon t’as trop peur de pousser (ou tu n’y arrives plus, je sais pas trop) et de faire péter les points. Là où il faut positiver c’est que comme tu as besoin de mettre deux voire trois protections périodiques taille méga-maxi (oui, tu saignes à fond pendant plusieurs jours voire semaines, ça dépend si tu es chanceuse ou pas), ça créé un petit coussin tout doux dans ta culotte filet très sexy qui te fait ressembler à un saucisson (là tu te dis que tu n’aurais peut-être pas du continuer la lecture… ne t’en fais pas, à la fin, tout est bien qui finit bien).

Ensuite, il y a la montée de lait si tu décides d’allaiter (et que ça marche). Enceinte, tu fantasmes sur l’opulante poitrine que l’allaitement pourrait t’apporter et ton homme va pour une fois complètement dans ton sens. Ce fantasme est d’autant plus vrai lorsqu’à la normale, tu fais un micro joli 85A ou B (ça dépend des marques mais on préfère quand c’est B hein!). Arrive donc la montée de lait, enfin ce que je crois et ce qu’on me dit être la montée de lait. Je suis encore à la maternité et c’est mon jour de sortie. On me laisse donc rentrer à la maison, je suis contente même si j’ai un peu peur quand même… Le pire était à venir. Le lendemain, la montée de lait, la vraie, se produit. J’ai cru que mes seins allaient exploser, sortir de mon corps, transpercer la peau. Ma poitrine était tellement dure car remplie de lait qu’on aurait pu l’utiliser comme marteau pour enfoncer des clous. Tout était tellement gonflé et engorgé que je ne pouvais même plus lever les bras ou faire des mouvements de rotation du buste. Certaines diront que je ne devrais pas me plaindre car il y a des Mamans qui veulent allaiter mais n’ont pas de lait. Je l’entends. Toutefois pour ma part ça aurait pu mal tourner. Heureusement, la sage-femme qui me suivait en fin de grossesse m’a informée que la sécu prenait en charge deux visites à domicile après le séjour à la maternité; je l’ai immédiatement contactée et le lendemain elle était là pour me prescrire 5 jours d’anti-inflamatoires mais aussi me rassurer, m’écouter, discuter. Elle a sauvé mon allaitement, sans quoi j’arrêtais tout (en me laissant mourir de douleur).

Cette méga montée de lait est tombée pile-poil devines quand….? Le jour où les hormones chutent ce qui déclenche: le baby-blues.

Le baby-blues, tout le monde connaît et on y passe forcément (enfin, il paraît qu’il y a des veinardes qui ne connaissent pas ça, à moins qu’elles veuillent faire les fortes?) mais c’est rien ou pas grand chose. Tu passes 24 à 48h à pleurer sans raison aucune mais comme on t’en a parlé, ça va, ça passe. La dépression post-partum, c’est autre chose et c’est bien plus inquiétant car ça perdure. Mais je ne suis pas bien placée pour en parler donc j’arrête là.

Ce qui peut être dur psychologiquement, c’est que ce bébé qui vient de naître, même si tu l’as porté pendant 9 mois, que tu l’aimes de tout ton coeur, et bien il est livré sans notice, sans mode d’emploi. Donc tu te retrouves chez toi, avec un petit être que tu ne connais pas vraiment et qui demande toute ton attention. Lorsque c’est ton premier, même si tu es bien renseignée, tu te sens un peu dépourvue: avant tu lisais les conseils dans les livres ou sur Internet. Désormais, ce n’est plus virtuel, le bébé est là et tu dois appliquer ce dont tu te souviens ou, la plus part du temps, improviser. Pour ma part, je me suis sentie bien seule alors que j’étais entourée de mon homme et de ma famille. Au final, tu restes la personne la plus à-même de comprendre ton bébé et puis il faut dire aussi ce qui est: les conseils des professionnels, tu les prends avec plaisir (et tu en fais ce que tu veux), ceux des grandes tantes et autres membres un peu âgés de ta famille et belle-famille, tu as simplement envie de les envoyer bouler. Tu es livrée à toi même, à ton seul jugement dans ton nouveau rôle de Maman.

En parlant de conseils avisés, est-ce qu’à toi aussi on te l’a sorti cette phrase au sujet des pleurs du bébé: « tu verras, tu sauras très vite les reconnaître, ton instinct maternel t’aidera ». Il y en a peut-être qui ont cet instinct immédiatement et qui savent tout de suite répondre aux besoins de leur bébé; si c’est ton cas, bravo, j’admire et je t’envie. Pour ma part, il m’a fallu plus d’un mois pour comprendre parfaitement ses pleurs. Est-ce que ça voulait dire que je n’avais pas d’instinct maternel pour autant? Et ce n’est qu’un exemple de conseil que tu vas recevoir. Le mieux selon moi c’est d’écouter pôliment puis de tout jeter ou presque. Tu fais comme tu le ressens et c’est ce qu’il y a de mieux.

Il y a enfin ton homme, le papa, souvent exclu de la grossesse ou du moins tout juste figurant. Il a été ton soutient pendant 9 mois, souvent il réalise vraiment ce qui lui arrive le jour où le bébé naît. On ne dit pas grand chose au papa alors qu’ils sont de plus en plus nombreux à s’impliquer à fond, à être sensibles aux bouleversements que vivent leurs femmes. Et quand bébé arrive, nous les Mamans avons tendance à les mettre totalement de côté, à les oublier car on s’occupe du nouveau-né. Tu n’es plus un couple, tu deviens une famille. Il faut donc s’occuper, et de ton bébé, et de ton conjoint. Sauf qu’on l’a dit, au début c’est en règle général 100% pour le bébé (en tout cas pour le premier, après je ne sais pas encore!). Mon homme a été patient mais pas éternellement. Un mois après la naissance, il voulait déjà retrouver sa femme. Sachant qu’un mois avant, on ne peut pas dire que j’étais une vraie femme, je dirais plutôt que j’étais un culbuto, donc niveau libido, zéro. Donc il a patienté deux mois, ne comprenant pas très bien pourquoi c’était si difficile pour moi et attendait avec impatience qu’on retrouve une intimité. Sauf que ton intimité à toi elle a subi un tsunami et elle aimerait bien se reposer encore un peu! Quoiqu’il en soit, cela demande de la patience, du dialogue et… encore de la patience et du dialogue. C’est pas moi qui te dirait que malgré tout, il faut prendre du temps pour ton couple et bla-bla-bla. Par contre, même si on ne se sent pas prête à renouer au lit, il ne faut pas oublier d’être un tant soit peu attentionnée et tendre envers celui qui nous supporte. Moi j’ai oublié.

Et pourtant, nous avons été chanceux. WonderBébé, mis à part les coliques qui s’accompagnaient de douleurs aux ventres impressionnantes, a été très cool. Elle a rapidement saisi le concept jour-nuit et nous laissait dormir 3 à 4 heures d’affilé ce qui offrait un peu de repos. Et comme je l’ai dit plus haut, nous avons été bien entourés. Ma mère a été d’une aide précieuse également; elle n’a pas hésité à poser des jours pour venir chez nous. Je crois qu’il ne faut pas avoir honte de demander de l’aide. Mais j’ai mis un peu de temps, me croyant SuperWonderMaman.

Pour terminer sur le couple, je dirais que le nôtre a vécu une forte tempête. J’ai cru qu’on en ressortirait pas. Il faut du temps et lorsqu’on regarde en arrière, qu’on prend un peu de recul, je crois que chacun des deux est capable de comprendre ce que l’autre a traversé et les choses s’apaisent naturellement. On se pardonne en silence. Notre WonderBébé va avoir 6 mois dans quelques semaines et notre couple va bien mieux depuis un petit mois.

Aujourd’hui, le bonheur est immense (je t’avais dit que tout était bien qui finit bien), les douleurs sont passées mais pas oubliées, elles sont acceptées et surtout pas refoulées. Toutes ces choses pas si roses qui entourent la naissance d’un bébé ne nous empêcheront pas de vivre une nouvelle fois cette aventure. Mais la prochaine fois au moins, on saura. Et je suis certaine qu’on fera mieux face.

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